Sablier

Le temps qui passe, c’est l’instant pendant lequel la fille au regard lumineux aurait pu prendre ta main. Mais comme une règle ridicule voudrait encore que les filles ne prennent pas les devants, elle n’a rien dit. Et comme les gars souvent ne voient rien, tu ne l’as pas vue.

Le temps qui passe, ce sont les quelques minutes qu’il suffit pour quitter la fille fantastique et rejoindre la fille au regard éblouissant, lorsque cette dernière revient soudainement vers toi. Parce que tu as détourné une fraction de seconde les yeux de la lumière.

Le temps qui passe, c’est l’ère glaciaire traversée pour retrouver la vue après avoir touché le soleil.

Et les années-lumière passées à chercher l’ombre pour ne plus se brûler.

Puis ce sont ces fois où, même si tu franchis les sept sommets, cette fille ne s’abandonne ni ne t’abandonne (elle ondule). Où tu brûles vif en t’interrogeant comme Misstress Barbara sur le morceau du même titre : « If you can’t be mine, why would I be yours? »

Heureusement, le temps qui passe, c’est aussi la promesse du retour du printemps, avec sa douce chaleur et son soleil éclatant.