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Lu : Paris, Eugène Atget, 1857-1927 édité par Hans Christian Adam, avec un essai de Andreas Krase et publié chez Taschen en 2000.

Commandées par la Commission du Vieux Paris, une bonne partie des images qui font aujourd’hui la renommée d’Atget sont nées du désir de documenter les traces du passé à la suite du remaniement de larges pans de la ville par le baron Haussman entre 1853 et 1870.

Si Atget ne considérait ses photographies « que comme des documents » (p. 40), il est évident qu’elles sont beaucoup plus que cela. À preuve, Man Ray ira jusqu’à s’en réclamer le découvreur et à s’en servir comme base de sa révolution surréaliste, même s’il s’empressera ensuite de minimiser la gloire posthume de son collègue en le traitant de « petit photographe de rue à l’horizon intellectuel limité » (p. 41). Comme s’il n’y avait de la place que pour un seul génie dans le vaste univers de la photographie !

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  Photo : « Boutique d’étamage, 3 rue de la Reynie (4e arr.), 1912 », p. 100, Eugène Atget.
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  Photos : « Passy, passage des Eaux (16e arr.), mars 1901 », p. 107, Eugène Atget.
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  Photo : « Porte de l’église Saint-Nicolas-des-Champs, détail (3e arr.), 1911 », p. 73, Eugène Atget.
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  Photo : « Hôtel d’Épernon, 110 rue Vieille-du-Temple (4e arr.), mai 1901 », p. 146, Eugène Atget.

En fait, il serait possible d’ergoter encore longtemps à propos des vertus techniques, artistiques, ou encore intentionnelles ou non de l’œuvre d’Atget. Pourtant, la plus grande force du photographe tient sans doute à ce regard patient et curieux qui lui a permis d’arpenter les rues de Paris pendant vingt ans (1897 à 1927), et d’y saisir encore et toujours de nouvelles petites merveilles.