Vu après avoir retrouvé le feuillet de l’exposition Dmitri Baltermants, Rétrospective présentée à la Maison Européenne de la Photographie en 2005 : le superbe site créé par la fille du célèbre photographe d’origine polonaise. Et lu : Andreas Feininger, That’s Photography édité par Thomas Buchsteiner et Otto Letze et publié chez Hatje Cantz en 2004.
Pendant qu’au début des années 1940, Baltermants regarde dans le blanc des yeux toute l’horreur du front de l’Est, Feininger photographie les moyeux d’hélice de futurs chasseurs sur les chaînes de montage des usines américaines.

Puis alors que Baltermants devient « l’Œil de la Nation », enregistrant minutieusement cinq décennies de l’ère soviétique, Feininger photographie New York sous toutes ses coutures, toujours sous son meilleur jour.



Et alors que Baltermants capte la foule prenant un bain de soleil sur les rives du fleuve Dniepr, Feininger fait de même à Coney Island. Les deux photos sont presque interchangeables tellement elles ont été prises sensiblement du même point de vue, à la même distance et sous la même lumière. Deux photographes témoins de l’évolution de leurs superpuissances respectives, deux univers si lointains et en même temps si semblables.

