Invitation

Vu : le documentaire « The Human Scale: Bringing Cities to Life » (2013) du cinéaste danois Andreas Møl Dalsgaard qui présente la vision de son compatriote l’architecte et professeur Jan Gehl.

Réagissant au « meurtre de la rue » lors de la construction des grands ensembles dans les années 1950 et 1960, Gehl est l’un des pionniers d’une approche anthropologique de l’aménagement de l’espace public. Il a ainsi fait de la lutte à l’automobile et à la mer d’asphalte qui l’accompagne l’un de ses principaux chevaux de bataille, et il a mis en pratique ses idées dans le cadre de plusieurs projets partout à travers le monde, dont la création de places à même la rue le long de Broadway à New York est probablement le plus connu.

Dans ce film, Gehl aborde, sans sombrer dans une vision apocalyptique de l’avenir ni adopter un ton prêchi-prêcha (ou presque !), la délicate question de l’augmentation rapide de la population sur la planète, de la migration en masse des gens vers les villes, et des moyens de faire de toutes ces mégalopoles des endroits agréables à vivre maintenant et à long terme.

Eating pho on the street at 9 Hang Trong street in downtown Hanoi, Vietnam.
Photo : « Travel Photographs, Hanoi, Vietnam », 30 janvier 2013, Aaron Joel Santos, source.

Les images de villes comme Dhaka au Bangladesh sont époustouflantes, et certains exemples, telle la reconstruction du centre-ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande à la suite du tremblement de terre de février 2011, sont percutants, mais le plus inspirant réside sans doute dans les témoignages de certains intervenants et membres de l’équipe de Gehl, dont celui-ci de l’architecte David Sim:

« I guess there is this very difficult tradition, which comes from the way we teach architecture and planning. The idea that one person can solve everything. We even have this term « the master plan ».  « I’m gonna do the master plan, which will answer all questions. »  And of course, we know: Is it possible? Cities are unbelievably complex. Even the idea of a master plan is really crazy. All we can do is make a framework, a very robust framework, which allows life to take place.

One thing I can be sure about, in 10 years and 20 years and 50 years, 100 years, human beings will be more or less the same size. Our senses will work more or less the same way. We’ll probably enjoy meeting each other in the same way we enjoy meeting each other today. Just as happy about handshakes and hugs and flirting glimpses. I don’t believe we can plan for things. I don’t think by me drawing a line, I can make things happen. I can’t force anybody to do anything or to be anyone. But we can make invitations. We can invite people to talk. We can invite people to sit, to stay. Invitations to a better everyday. A better way to cross the street, a better way to wait for the bus. A better way to live your life. And that’s all we can do. »

A local market scene in Hanoi, Vietnam.
Photo : « Travel Photographs, Hanoi, Vietnam », 30 janvier 2013, Aaron Joel Santos, source.