Vu : les dix courts métrages de la série « The Devil’s Toy Remix » produite en 2015 et inspirée de Rouli-roulant, un documentaire réalisé par Claude Jutra en 1966. Lu : « The People Who Will Thrive in the AI Age » par David Brooks publié dans The Atlantic le 28 juin 2026.
Lorsque le ministre fédéral de l’Énergie et des Ressources naturelles annonce la construction de dix nouveaux réacteurs nucléaires au Canada d’ici 2050, l’envie est forte de prendre le large sur son rouli-roulant.

Un peu comme lorsque l’éclat de l’intelligence artificielle se fait éblouissant ou, comme dirait Alaclair Ensemble sur Alaclair High – GDM, que : « Même la laveuse est dans sécheuse Pu besoin d’corde à linge » (Les Frères Cueilleurs, 2016).
Pourtant, le miracle annoncé, dont la soif d’énergie explique peut-être ces nouveaux réacteurs nucléaires, laisserait entrevoir deux tendances. D’une part, le fait de simplement réinvestir le temps économisé dans toujours plus de nouvelles tâches mènerait à une surcharge mentale déjà qualifiée de : « AI brain fry ».

D’autre part, en réduisant la « friction » ou l’effort autrefois valorisé pour maîtriser un savoir et développer une pensée critique, la facilité risquerait d’atrophier notre muscle cérébral.
Comment, alors, interroger la bête sans que son infinité de réponses soit automatiquement « optimisée » ? Et comment faire les vérifications nécessaires si on ne sait plus comment faire celles-ci ? Sous prétexte que seul le résultat importe, la tentation sera forte de capituler, seul devant son écran.
Alors que, en groupe, on sait tout de suite comment éviter de « se faire une cheville ».


Quand j’étais petit, je rêvais de devenir pilote d’avion.
Mon père m’a dit que devenir pilote de chasse me dirigerait vers une mort certaine et que devenir pilote de ligne, une sorte de « chauffeur d’autobus » dans ses mots (mes excuses aux chauffeurs d’autobus du monde entier), me dirigerait vers un ennui tout aussi mortel.
Si seulement il m’avait dit que je pouvais devenir pilote de CL-415 pour contenir des feux de forêts ou pilote d’hélicoptère pour effectuer des missions de recherche et sauvetage, c’est probablement ce que j’aurais fait.
Comme quoi, au lieu de solutions toutes faites, on a peut-être davantage besoin de pistes pour nous aider à tracer notre propre chemin, une voie compréhensible et inspirante, car c’est nous qui l’aurons tracée, et qui nous permettra ensuite d’ouvrir un éventail d’autres sentiers.
Parce que faire un 720 n’est pas de la friture, mais un art qui se mijote lentement.
