3e but

L’été à l’île, j’aide mon père à remplacer la couverture de la maison. En fait, il fait tout tout seul, car, la seule fois où il m’a laissé tenir un marteau, le clou n’est pas rentré au cordeau, d’un seul coup. Je suis donc depuis un passeur d’outils hors pair, celui qui, même de sa position de défenseur, place toujours la rondelle directement sur la palette du joueur de centre.

Là-haut donc, j’ose, entre deux bardeaux, dire à mon père que, pour la première fois, une fille semble me regarder en même temps que j’ose la regarder.

Il ne me demande pas son prénom, la couleur de ses yeux ou ce qui nous fait rire tous les deux. Il me parle de baseball et de troisième but, et je ne suis pas certain de comprendre.

En fait, je comprends alors surtout que si les filles savaient que beaucoup d’hommes parlent d’elles comme d’un jeu, cela ne les ferait certainement pas sourire.