Domesticité

Lu : Margaret Watkins: Domestic Symphonies par Lori Pauli et publié par le Musée des beaux-arts du Canada en 2012 (catalogue de l’exposition éponyme).

De Hamilton en Ontario à Glasgow en Écosse, en passant par Boston, New York et plusieurs grandes villes européennes, la vie de Margaret Watkins (1884-1969) n’est pas banale. Et, contrairement à Vivian Maier qui a pris des photos presque incognito toute sa vie, Watkins a oeuvré dans le domaine au grand jour. Cependant, comme sa collègue américaine, son oeuvre est longtemps restée méconnue.

Watkins est à la fois particulièrement reconnue et critiquée pour avoir saisi ces instants du quotidien en apparence anodins, mais non moins magiques. Reconnue parce qu’elle possédait manifestement un regard affûté. Critiquée, car tout ne se prêtait pas encore à l’époque, semble-t-il, au genre noble de la nature morte.

Le confinement que nous vivons actuellement oblige à regarder de plus près ces espaces que nous habitons, ces objets qui nous entourent et qui nous permettent de cuisiner, d’habiller une fenêtre, de poser ici une plante ou là un livre, de nous brosser les dents, sans oublier ce que l’on aperçoit par le carreau.

Photo : Window Scene, 1931, Margaret Watkins, source.

Inusité, ce recadrage à la fois intime et collectif vient d’inspirer le Musée McCord à lancer un projet photographique collaboratif intitulé : « Cadrer le quotidien : histoires de confinement ». Plus vivants que natures mortes, les chats, déjà monarques absolus de l’Internet, conservent évidemment ici leur trône. Cependant, peut-être parce que nous avons tous hâte de serrer dans nos bras les gens qui nous manquent, les humains font également bonne figure dans ce catalogue qui grandit chaque jour.

Photo : From my window / jour 27, 15 avril 2020, Ulysse Lemerise, source.

J’aimerais bien voir le sourire de Watkins !

Merci à mon très grand ami Nicolas, lui-même immense poète de l’indicible, pour cette piste vers l’initiative du McCord.